Rénovation du réfectoire de l’école Saint-François à Paris
Localisation : Paris 16
Maître d’ouvrage : École Saint-François
Travaux réalisés :
- Curage et démolition
- Recherche et identification des causes d’infiltration
- Dépose du doublage sur 60 cm, dégarnissage et remplacement de l’isolant
- Comblement au mortier fibré de la rigole formée en pied de doublage
- Maçonnerie et création de siphons de sol
- Reprise de la plomberie et remplacement des réseaux d’évacuation
- Curage des caniveaux extérieurs
- Reprise de l’électricité
- Plâtrerie et faux plafond acoustique
- Revêtements : carrelage au sol et deux rangs de carrelage mural
- Peinture et finitions
Huit semaines, et une date de réouverture qui ne se négocie pas
Un réfectoire d’école ne se rénove qu’à une seule période de l’année. Les élèves partent début juillet, ils reviennent début septembre, et entre les deux il y a huit semaines. Pas neuf.
Le marché portait sur un carrelage et un faux plafond acoustique.
Ce que nous avions annoncé avant le démarrage
Dès le chiffrage, des traces d’infiltration et des moisissures apparaissaient à plusieurs endroits de la salle.
Nous avons prévenu le chef d’établissement avant d’engager les travaux : ces traces ne venaient probablement pas d’une source unique, et nous commencerions par les chercher au droit de chacune d’elles.
Annoncer une incertitude avant le démarrage n’est pas une précaution de confort. C’est ce qui permet, le jour où elle se confirme, de parler d’un sujet déjà connu plutôt que d’une mauvaise nouvelle.
Ce que le curage a révélé
- À la dépose des plinthes, le plâtre venait avec, imbibé d’eau.
- La chape était saturée sur toute la surface.
- Derrière le doublage, l’isolant épongeait l’eau depuis des années.
- L’ossature métallique était attaquée par la corrosion.
Les travaux devaient porter sur un revêtement de sol. Ils portaient en réalité sur son support.
Reposer un carrelage sur une chape saturée, c’est s’engager à le refaire. Nous avons donc suspendu la pose et cherché l’eau.
Quatre causes, pas une
01 — Une rigole invisible. Une partie du doublage avait été posée directement sur le dallage, avant la chape. L’eau y stagnait sans pouvoir s’évacuer, sur toute la longueur du mur.
02 — Aucune barrière à l’extérieur. Les portes étaient dépourvues de seuil et les caniveaux extérieurs bouchés. Nous l’avons constaté lors d’un orage, en cours de chantier.
03 — Des réseaux vétustes. Une canalisation en fonte fuyarde et un collecteur PVC fissuré.
04 — Aucun siphon de sol. Dans une pièce lavée à grande eau tous les jours de l’année scolaire.
Aucune de ces quatre causes n’aurait suffi, seule, à expliquer l’état du support. Chacune en expliquait une partie. C’est pourquoi un diagnostic qui s’arrête à la première trouvaille conduit à refaire les travaux deux ans plus tard.
Ce que nous avons repris
- Dépose du doublage sur 60 cm de hauteur, dégarnissage et remplacement de l’isolant.
- Comblement de la rigole au mortier fibré.
- Création de siphons de sol.
- Remplacement des réseaux d’évacuation et curage des caniveaux extérieurs.
- Deux rangs de carrelage mural, pour protéger les doublages des chocs de tables et de chariots.
Ce dernier point ne figurait dans aucun programme. Il vient de l’usage réel de la pièce : dans un réfectoire, les tables et les chariots frappent le bas des murs tous les jours. Un doublage nu n’y résiste pas.
Diagnostiquer, chiffrer, faire valider, exécuter — sans sortir de la fenêtre
Tout cela a été diagnostiqué, chiffré et soumis à la validation de l’établissement en quelques jours, puis exécuté dans le délai initial.
La contrainte de calendrier n’était pas une clause du marché : c’était la rentrée. Un réfectoire indisponible début septembre, c’est un établissement entier qui ne fonctionne pas.
Les élèves ont déjeuné dans leur réfectoire le jour de la rentrée.
Ce que nous en retenons
Refaire un carrelage sur une chape saturée, c’est le refaire deux fois.
Notre métier n’est pas seulement de bien exécuter. C’est de garantir la pérennité de l’ouvrage que nous livrons — et, quand l’existant s’y oppose, de le dire, de le chiffrer et de le traiter avant de poser quoi que ce soit.
Date:
19 janvier 2026
